POEME - ABRAHAM ET LOT
ABRHAM ET LOT (nouveau texte)
Il a quitté son père
Ou a été chassé
Après avoir cassé toutes ses amulettes
Dont il faisait commerce
Il se retrouve sur la route
Le cœur lourd et les yeux embués
En suivant ses troupeaux
Ruminant avec eux
Il marche dignement
Accompagné de son neveu
Sur un sentier précaire
Qui n’est que temporaire
Perdus dans leurs pensées
Ils échangent assez peu
Chacun rêve en silence
D’un monde merveilleux
Ils arrivent au point
Où chacun doit choisir
La voie qui lui est propre
Ils s’étreignent et se quittent
Lot a choisi la plaine plus fertile et plus belle
Qui semble lui sourire
Mais où germe la guerre
Et où l’attend la mort
Lui prend la voie plus pénible
Un chemin plein de pierres
La montagne stérile
D’où jaillit la lumière illuminant la terre
CD 10.9.17
OURAGAN OU HURACAN
Lorsque j'ai appris samedi matin sur France Inter que le mot ouragan s'écrivait à l'origine avec un h, j'ai immédiatement fait le rapport avec le dieu Huracan du Mexique. Ce mot est en effet de langue amérindienne des Antilles.
Voici ce que nous dit le Popol Vuh, le livre des Indiens Mayas Quichés au début du livre I :
"Voici le récit du temps où tout était en suspension, tout calme, tout en silence, tout immobile, muet et vide dans l'extension du ciel.
Il n'y avait encore ni hommes, ni animaux, ni oiseaux, ni poissons, ni crustacés, ni arbres, ni pierres, ni cavernes, ni gorges, ni herbes, ni forêts : seul le Ciel existait.
La face de la Terre ne se manifestait pas. Seuls étaient la mer calme et le ciel dans son extension. Il n'y avait rien d'assemblé qui fasse de bruit, ni chose qui se meuve, ni qui s'agite dans le Ciel. Il n'y avait rien qui soit sur pied ; seule l'eau en repos, la mer impassible et tranquille. Rien n'émergeait de l'immobilité et du silence, dans l'obscurité de la nuit.
...
Tout se mit en place dans les ténèbres et dans la nuit, par le Cœur du Ciel qui se nomme Huracan."
Huracan est à rapprocher de Tezcatlipoca qui s'oppose à Quetzacoatl.
PEINTURE 3 - LA DEESSE LINGANA
J'ai été interpellée lorsque j'ai vu cette peinture lors du film "L'aventure des premiers hommes" sur l'Australie.
Le nom de la déesse "Lingana" fait penser au lingam, symbole de Shiva. C'est elle qui apporte les enfants en Australie. La population, venue du Nord donc de l'Inde, serait originaire à mon avis de l'Inde et corroborerait mon hypothèse.
PEINTURE 3 - LE FILS DE L'HOMME
Une ceinture d'or lui serrait la poitrine.
Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme laine blanche, comme neige,
Et ses yeux étaient une flamme ardente ;
Ses pieds semblaient d'un bronze précieux, purifié au creuset,
Et sa voix était comme la voix des océans ;
Dans sa main droite, il tenait sept étoiles,
Et de sa bouche sortait un glaive acéré, à deux tranchants.
Son visage resplendissait, tel le soleil dans tout son éclat.
Apo 1/13-16
Il tient dans sa mains droite 7 étoiles qui sont les 7 églises destinataires des 7 lettres. Ces 7 lettres sont des exhortations pour les chrétiens à résister dans l'épreuve du temps présent ou à se repentir. Les vainqueurs auront droit à une récompense selon leurs mérites dans la nouvelle cité.
Cette nouvelle cité est-elle réservée aux seuls chrétiens ? Les 7 lettres peuvent être aussi toutes les nations appelées à changer ou à tenir bon. Le chiffre 7 indique une totalité.
Le glaive est la parole tranchante. On retrouve cette image dans Esaïe 11/4-5.
PEINTURE - L'APOCALYPSE
Voici les peintures que j'ai réalisées cet été sur la voûte de ma maison de campagne. Il ne s'agit pas de tétramorphe.
1er tableau - le drame cosmique - De la Genèse à l'apocalypse
On y voit la bête,
- l'antique serpent qui sort de la mer avec ses tentacules en forme de pattes et qui emporte l'enfant qui vient de naître de la femme à droite,
- la bête au centre représente les 4 cavaliers qui partent en soufflant une fumée noire,
- le ciel qui entoure la femme et l'agneau dans le ciel qui regarde. C'est lui qui combattra la bête. On ne le voit pas sur la photo. La femme a une couronne de 12 étoiles sur la tête et ses pieds reposent sur la lune. Elle est droite, verticale alors que la bête est horizontale.
Les couleurs sont primaires avec le rouge, le bleu et le jaune plus le noir.
Il faut choisir la vie ou la mort lit-on dans le Deutéronome.
J'ai utilisé la forme des pierres. Ce sont les pierres qui m'ont inspirée et j'aime bien ce tableau qui donne de la couleur à la pièce éclairée par le soleil. C'est la pièce que je préfère et j'ai bien hésité avant de peindre car j'avais peur de l'abîmer, c'est pourquoi j'ai utilisé de la peinture acrylique pour pouvoir l'enlever éventuellement mais je ne le ferai pas.
MICHEL ONFRAY - LE TETRAMORPHE (suite)
1 -Evangéliaire Ste-Croix de Poitiers du 8e s (Bibliothèque d'Amiens) 2 -évangéliaire du 9e s (Bibliothèque de Valenciennes)
Après avoir montré que Michel Onfray s'était trompé sur les dates de rédaction des évangiles, je le reprends sur le tétramorphe qu'il cite dans sa conférence que vous pouvez retrouver et j'espère qu'il ne m'en voudra pas trop.
LA SOURCE CACHEE DES EVANGILES – L’INFLUENCE DE L’INDE
J’ai été intriguée par les différences sur la présentation du tétramorphe par Irénée au 2e siècle de notre ère et par Jérôme (340-420) beaucoup plus tard.
C’est le modèle de Jérôme qui a été retenu.
- Le lion est à l’est et représente Marc
- Le taureau est à l’ouest et représente Luc
- L’ange est au Nord et représente Mathieu
- L’aigle est au Sud et représente Jean
Or, Irénée a placé :
- L’homme (l’ange) pour Mathieu au Nord
- L’aigle pour Jean à l’est
- Le lion à l’est pour Jean
- Le taureau au Sud pour Luc
Pourquoi une telle différence ?
Dans sa conférence sur le tétramorphe, Michel Onfray la place sous silence. Il cite bien Irénée pour son ouvrage contre les Hérésies mais utilise l’ordre de Jérôme. Cela me surprend d’un intellectuel qui se veut sérieux et nuit à sa crédibilité. J’ai essayé de tirer ce problème au clair et je me suis donc penchée sur la question.
C’est en étudiant les notes que j’ai ramenées du Cambodge l’année dernière que je pense avoir compris et émets mon hypothèse :
Les Hindous ont placé les véhicules des dieux de la façon suivante :
- L’éléphant d’Indra à l’est (on peut rapprocher l’éléphant du lion)
- L’aigle Garuda pour Vishnu à l’ouest
- Le démon Kubera au nord
- Le buffle de Yama (le dieu des morts) au sud (le buffle serait le taureau)
Cette disposition correspondrait parfaitement à celle première d’Irénée.
Selon l’apocalypse (4/6-8), il y a 4 êtres vivants :
- Le premier est semblable à un lion
- Le second à un veau
- Le troisième a la face d’un homme
- Et le quatrième est semblable à un aigle
Un peu plus loin (6/1-8) il est écrit :
- L’un des 4 êtres vivants appelle un cheval blanc (c’est la justice)
- Le second être vivant appelle un cheval roux (c’est la guerre)
- Le troisième être vivant un cheval noir (c’est la famine)
- Le quatrième être vivant un cheval d’une couleur pâle (ce sont les maladies et la mort)
On peut donc associer :
- le 1er, le lion à l’est
- Le 2e, le veau (ou le taureau) à l’ouest
- Le 3e, l’homme au nord
- Le 4e, l’aigle au sud
Et on retrouve la classification d’Irénée qui correspond à celle des Hindous. Pourquoi donc Jérôme a-t-il modifié cet ordre ? C’est probablement pour se démarquer de ses sources anciennes ou parce que la source a été oubliée.
Il reste que l’Inde a été la première à imaginer ce système ou le Mont Méru est au centre alors que pour les Pères de l’église, c’est le Christ mais c’est surtout le calendrier chinois, le Mingt’an en Chine qui en est la source. Je l’ai évoqué dans mon travail sur l’origine commune des religions en 2004.
Il faut donc ajouter cette source asiatique qui a été cachée pour l’élaboration des évangiles en plus des sources Q, D et H. L’Inde a été oubliée et il serait juste de la réhabiliter. Je n’ai pas les moyens ni l’éloquence de Michel Onfray mais j’espère que mon hypothèse sera retenue et ne sera pas piratée par des chercheurs peu scrupuleux.
Colette defrain 1.9.17
LE MAHABHARATA 5 (fin)
Ce poème, avec le Ramayana qui lui est antérieur, me paraît être à l’origine des récits successifs comme celui de Gilgamesh en Perse puis celui de la Bible. Le Ramayana parle de résurrection finale de tous les combattants. Son origine se trouve à mon avis en Chine. Le démon Ravana à 10 têtes renvoie à Huangdi qui combat Chiyou et à la bête de l’apocalypse. Ce sont les contes et les mythes qui ont permis le développement de la pensée abstraite.
Chaque époque doit réécrire et interpréter la parole pour ses contemporains et la rendre accessible comme Luther a pu le faire au 16e siècle. Il a parlé du salut par grâce à un moment où l'église utilisait les écritures pour vendre des indulgences et proposait le salut et la vie éternelle contre rémunération. C’est ainsi qu’est née la Réforme, il y a 500 ans. Mais les fondamentaux demeurent.
La loi est essentielle pour être guidé et dirigé. C’est elle qui maintient le monde comme le Dharma. Nous n’avons pas le droit de nous comporter comme si nous ne l’avions pas, comme ceux qui l’utilisent à leur profit dans le monde païen alors qu’ils sont eux-mêmes chargés de la faire et de la faire exécuter. Chacun doit continuer à activer la roue cosmique par le truchement du sacrifice lit-on dans la Bhagavad Gîta.
Le jugement n’est pas annihilé. Chacun sera jugé selon ses œuvres et selon ses responsabilités et la prostituée pourra devancer les autres nous dit la Bible. Certes, les hommes se retrouveront tous vivants et heureux dans le Royaume futur où il n’y aura plus de pleurs. C’est comme s’ils quittaient une scène en tant qu’acteurs et venaient saluer le public à la fin et se retrouvaient tous ensemble après le spectacle.
La vie est ce jeu qu’il faut mener inlassablement. Nous ne sommes pas responsables de notre mission ou de notre vêtement (encore !) mais nous devons l’accepter et l’accomplir. Il y a ceux qui sont des rakshashas, des dieux déchus, des esprits mauvais et il y a ceux qui les combattent. Il y a ceux que nous voyons et ceux que nous ne voyons pas.
« Voici, j’ai créé l’ouvrier qui souffle le charbon au feu, et qui fabrique une arme par son travail ; Mais j’ai créé aussi le destructeur pour la briser. » (Es 54/16)
Ont-ils été déterminés ? Qui sera notre juge ?
Colette defrain 9.8.2017
LE MAHABHARATA 5 (suite)
Un théologien Oscar Cullmann, dans son cahier, parle du retour du Christ.
Le Grec, dit-il ne connaît point d’autre temps que le temps cyclique, qui revient éternellement sur lui-même dans un cercle infini. Aussi le penseur grec ne peut-il concevoir que le salut puisse et doive s’accomplir dans le temps. Pour lui le salut signifie toujours délivrance du temps, évasion hors de ce cadre du retour éternel des êtres et des choses. Mais la Bible nous enseigne que le déroulement du temps lui-même est déterminé par l’histoire de Dieu dans ce temps. Le Nouveau testament accentue encore davantage que l’Ancien Testament ce concept du temps linéaire (chapitre I).
L’histoire du salut embrasse le passé, le présent et le futur.
Christ participe dès le commencement et pour toujours à l’ensemble du plan du salut divin. Il est au début de la création. Il se tient par son acte rédempteur au milieu de l’histoire du salut, qui a la création entière pour théâtre et pour objet.
Cette mort de Christ, qui triomphe de la mort et de l’enfer, annonce la réconciliation accomplie entre Dieu d’une part et l’humanité, mieux le cosmos total, d’autre part (chapitre II).
L’événement décisif se passera sur la terre, car la matière elle aussi doit être recréée. Le Nouveau Testament ne nous dit rien de ce retour mais il nous parle toujours d’une arrivée du Christ qui vient et non du Christ qui revient (chapitre II).
Les Egyptiens parlent aussi de résurrection. Celle-ci n’était réservée qu’aux Pharaons et de nombreux obstacles attendaient le mort avant qu’il ne parvienne à l’immortalité. La conquête de la vie après la mort est la première révolution de la vie de l’humanité. Elle devient accessible à tous.
Dans la Bible le Déluge est aussi la fin d’un monde et une nouvelle création. Dieu a sauvé un homme Noé et sa famille.
La naissance de Karna qui a été abandonnée sur le fleuve peut rappeler celle de Moïse dont le sens est tout-de-même différent.
Dans la Bhagavad Gîta, Chant XVII – 8, 9, 16), nous lisons :
« La claire sérénité de l’esprit, la douceur, la réserve silencieuse, la maîtrise de soi, la pureté des sentiment, c’est là ce qu’on nomme « ascèse mentale ».
Ce sont les fruits de l’esprit cités par Paul dans son épître aux Galates : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi.

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