VOYAGE 22 - ISLANDE ET GROENLAND
22e VOYAGE – ISLANDE ET GROENLAND
Avant de partir en croisière pour le Grand Nord, je rédigeai mon testament au cas où le bateau coulerait sous les icebergs.
Je débarquai à Reykjavik, la « baie aux fumées ». L’Islande ressemble à une véritable main aux doigts écartés tendus vers le Groenland. C’est une terre volcanique dont le volcan Snaefellsjokull a été rendu célèbre par Jules Verne dans son roman : « Voyage au centre de la terre ».
C’est un paysage de feu et de glace qui renvoie à la création avec des flaques d’eau en ébullition et des dépôts de soufre. On comprend qu’il ait donné des légendes racontées dans l’Edda.
Eric le Rouge est venu s’installer dans ces terres après avoir été banni de Norvège pour avoir tué un homme au 9e siècle. C’est lui qui découvrit le Groenland, la terre verte, qu’il a colonisée.
Les Samis s’y sont installés et élèvent des rennes qui mangent du lichen dans la toundra et sont rentrés en contact avec les Vikings. Ils étaient venus d’Asie par le détroit de Béring.
C’est dans cette vallée accidentée entourée de hautes falaises de basalte qu’est le plus anciens et le plus sacré des sites historiques islandais : l’Athing, le plus vieux parlement démocratique fondé en 930.
« Là où il n’y a pas de justice, il n’y a pas d’organisation » dit un dicton.
Le fils aîné d’Eric, Leif, quitta le Groenland pour aller voir le roi Olaf Triggy de Norvège (995-1000), neveu de Vladimir qui s’était converti au christianisme et qui le chargea d’annoncer cette doctrine au Groenland. Les uns n’avaient aucune objection, d’autres étaient même enthousiastes et jetèrent leurs anciens dieux : Odin, Tyr et Thor dans une cascade qu’on appelle Godafoss, la chute des dieux.
Seul, Eric ne voulut pas abandonner ses anciens dieux et fut enterré en païen entre deux pieux, l’un placé à sa tête, l’autre à ses pieds.
VOYAGE 21 - MAROC
21e VOYAGE – LE MAROC
Malgré cela, je repartis encore l’année suivante au Maroc. On m’avait dit que la lumière était extraordinaire. Les couleurs sont en effet très belles, très chaudes mais ne valent pas à mon avis la lumière transparente comme du cristal de nos régions.
J’ai vu des montreurs de serpents, des vendeurs d’encens, des saltimbanques… sur la célèbre place de Djemaa El Fna à Marrakech qui s’anime et s’illumine le soir lorsque les restaurateurs dressent leurs tables.
J’ai aimé le jardin Majorelle avec ses couleurs bleues et ses cactus géants.
Dans le désert, Ouaouizarht est le lieu où se tournèrent des films.
J’ai assisté à une fantasia, une belle démonstration de voltige à cheval.
C’est le jour du départ que je fis une entorse avec mes chaussures de ville.
VOYAGE 20 - L'INDE
20e VOYAGE – L’INDE
L’année suivante m’emmène au pays des Maharaja, le pays que Gandhi a libéré du joug des Anglais en pratiquant le jeune et la non-violence.
Le jardin de Jalianwala Bagh est un lieu de recueillement pour les Indiens. Il a été l’endroit d’un tragique massacre organisé par le Gal Dyer, un des épisodes les plus noirs de l’histoire coloniale.
C’est une Inde plurielle que j’ai découverte où de nombreuses communautés se cotoient.
A Rishikesh, j’ai assisté, au coucher du soleil, à une cérémonie hindouiste au bord du Gange.
Je suis montée jusqu’au temple de Jakhu dédié à Hanuman, le dieu singe.
Dans un musée à Shimla, j’ai vu de magnifiques miniatures qui retracent l’épopée du Mahabharata et du Ramayana où l’on voit la jeune Sita enlevée par les démons.
J’ai visité la résidence actuelle du Dalaï Lama réfugié à Dharamsala.
J’ai admiré le Temple d’or à Amritsar où les Sikh viennent se recueillir. Dans les salles qui l’entourent, ils préparent des repas pour les pèlerins qui viennent de loin.
A Lucknow, j’ai vu les Musulmans prier et l’ancien fief moghol des Nawabs.
J’ai désapprouvé l’attitude de mes compatriotes et j’ai annoncé la pluie en voyant arriver un petit nuage comme je l’avais fait en Chine alors que le temps était très sec. La pluie est bien tombée en trombe lorsque nous montions sur une petite route vers Dharamsala mais cela a provoqué leur colère et m’a rendu malade à mon retour. Y- a-t-il des forces qui s’opposent et se combattent entre elles ?
VOYAGE 19 - RUSSIE
19e VOYAGE – LA RUSSIE
Je repartis l’année suivante pour la Russie, le pays conquis par les Vikings. C’est le pays d’Ivan le Terrible, de Lénine, de Staline mais aussi de Gorki, de Tolstoï, de Dostoïevsky, de Pouchkine, de Gagarine.
Je naviguai sur la Volga sur un bateau à moteur qui franchit plusieurs écluses, arrivai au Lac Blanc, traversai de nombreux villages avant d’arriver à St-Pétesbourg, la ville fondée par Pierre le Grand.
J’ai traversé la Place Rouge où se trouve le siège du pouvoir : le Kremlin. Je me souviens avoir lu, adolescente, le livre de « Katrina » qui m’avait été prêté par mon pasteur et je me demandais alors ce que pouvait bien être le Kremlin.
La cathédrale St-Basile construite sur l’ordre d’Ivan le Terrible pour commémorer sa victoire sur les Tatars. On raconte qu’Ivan a arraché les yeux à l’architecte pour s’assurer que son chef-d’œuvre ne serait jamais surpassé.
J’ai arpenté les salles noires de monde du musée de l’Ermitage à St-Pétesbourg pour admirer le tableau de Rembrandt : le Fils Prodigue.
J’ai vu les tombeaux des Tsars assassinés dans la cathédrale Pierre et Paul : Nicolas II par les Bolcheviks, le sanctuaire de la dynastie Romanov.
L’église en bois de La Transfiguration sur l’île Kiji couverte de 30 000 écailles en bois sur 22 coupoles qui descendent en cascade, bâtie en 1714. Elle a été construite sans aucun clou. La légende raconte qu’un seul homme l’a bâtie avec un seul outil : une hache. Après avoir attaché le dernier bardeau, Nestor, le maître charpentier a lancé sa hache dans le lac Onéga proclamant :
« Il n’y a jamais eu, il n’y a pas et il n’y en aura jamais de pareille ! »
Les bardeaux faits de bois de tremble dont le bois résiste bien au climat reflètent une myriade de teintes. Le soleil de midi les fait luire comme de l’argent et la lumière de l’aube ou du crépuscule produit un pourpre riche.
J’ai admiré de boîtes peintes laquées produites à Palekh. Les artistes dessinent des scènes, des miniatures et utilisent la feuille dorée sur fond noir.
Je n’oublie pas non plus les poupées gigognes appelées « matriochkas ».
VOYAGE 18 - IRAN
18e VOYAGE – L’IRAN
L’année suivante mon objectif fut l’Iran.
Je voulais voir les villes dont la Bible parlait : Suze, Persépolis, les tombeaux d’Esther et de Mardochée.
Il ne reste que des ruines mais de magnifiques vestiges qui évoquent un passé glorieux. Persépolis a été brûlée par Alexandre le Grand, en campagne contre Darius. Heureusement l’incendie a provoqué la cuisson des tablettes cunéiformes et nous permet aujourd’hui de les déchiffrer et de comprendre la vie de ce peuple.
Tout cela me parlait et je ne fus pas déçue.
Le tombeau de Cyrus se dresse majestueux. C’est lui qui permit aux Israélites en exil de repartir et de reconstruire leur temple en Israël.
Un gros orage sur la route me fit penser au déluge et à l’épopée de Gilgamesh racontée sur des tablettes. C’est le plus ancien texte écrit de la Mésopotamie et il relate l’histoire de ce grand roi qui voulait acquérir l’immortalité après avoir perdu son ami Enkidou. Il part à la recherche de son ancêtre qui lui dit comment il a échappé au déluge en construisant une arche et en sauvant la vie. Ce texte se retrouve dans la Bible qui s’en est inspiré.
Les frises de céramique sont entreposées au Louvre à Paris ainsi que les portes et les lions. La porte d’Ischtar est à Berlin.
J’ai visité aussi des mosquées et des palais resplandissant de verre où un iman nous a offert du lait et des dattes en guise de bienvenue.
J’ai parlé avec des Iraniennes voilées en les prenant pour des personnes de notre groupe, ce qui a bien fait rire.
Ce qui m’a surprise et émerveillée ce sont les tours à vent. Le système ingénieux permet un refroidissement de l’air à l’intérieur et les canats conduisent l’eau de la montagne vers les champs et les villes.
On trouve encore des caravansérails et des scènes racontant l’histoire de Rostam sur la façade.
VOYAGE 17 - AUSTRALIE
17e VOYAGE – AUSTRALIE
Cela ne me refroidit pas et l’année suivante je découvrais l’Australie que je traversais d’Ouest en Est.
Je me suis arrêtée dans le bush où habitent les aborigènes qui dansèrent et nous accueillirent avec leurs costumes traditionnels et leur coiffe dressée. Ils racontèrent comment Bamapama sorti de terre.
Ils nous emmenèrent voir le Mont Uluru (Ayers Rock), leur montagne sacrée rouge sang au lever du soleil et dont la couleur change avec le soleil. C’est un immense rocher de 3,6 km de long qui s’élève à 348 mètres au-dessus du plateau de sable qui l’entoure. On y voit des dessins rupestres sous les voûtes.
Je n’ai pu m’empêcher de m’affronter au guide belge qui nous conduisait à cause de ses opinions racistes envers eux.
J’ai fait le tour de la baie de Sydney et ai assisté à un concert, « Les pêcheurs de perles » d’un compositeur français Bizet dans le bel opéra qui ressemble à un coquillage.
J’ai admiré les montagnes bleues ainsi appelées à cause des eucalyptus qui laissent échapper leur essence.
J’ai vu bien sûr des kangourous et d’autres petits animaux.
VOYAGE 16 - LA MARTINIQUE
16e VOYAGE – LA MARTINIQUE
L’année suivante je partis en Martinique où arrivèrent les esclaves venus du Bénin. Un monument constitué de personnages blancs regardant la mer, le mémorial de l’Anse Caffar, commémore le naufrage le 8 avril 1836 d’un bateau négrier en face d’un magnifique roc volcanique de 175 mètres de haut qu’on appelle le Diamant, à 3 km de la côte.
Des plantations de canne à sucre rappellent la dure condition des esclaves. Des ouvriers protègent aujourd’hui les bananiers des insectes en couvrant les régimes de sacs plastique bleu.
C’est ici que naquit l’Impératrice Joséphine qui épousa Napoléon.
Des maisons coloniales mal entretenues témoignent de cette époque et la statue de Victor Schoelcher, le grand abolitionniste français qui fut à l’origine de l’abolition de l’esclavage dans les Antilles françaises en 1848 a été dressée.
Le beau jardin Balata abrite des fleurs et des arbres d’essence équatoriale où les colibris viennent boire : des hibiscus, des palmiers, des ananas, des fleurs de la passion, des lianes d’or, des oiseaux de paradis et dans les lacs, des plantes aquatiques : des jacinthes d’eau, des nénuphars.
L’arbre du voyageur étend ses ramures. Des figuiers de barbarie, des lauriers rose, des cactus, des flamboyants, des orchidées de toutes sortes jaillissent partout. C’est un émerveillement pour les yeux.
Mais le volcan qui domine St-Pierre rappelle son éruption qui a détruit la ville en 1902.
J’ai dégusté une magnifique langouste dans un restaurant surplombant la mer après avoir assisté à une messe dans une jolie église où les fenêtres permettaient d’admirer la mer.
En plongeant dans les salines, je me fracturai l’épaule et dû voyager dans des conditions pénibles attendant longuement ma valise à cause du plan vigipirate à l’arrivée à Orly.
VOYAGE 15 - L'OUEST AMERICAIN
15e VOYAGE – L’OUEST AMERICAIN
L’année suivante, je traversai l’Atlantique pour retrouver les Indiens d’Amérique.
Je fis une balade le long du Grand Canyon qui s’élève à 2125 m d’altitude au-dessus du Colorado en profitant de ce merveilleux paysage. La rivière s’écoule 1500 mètres plus bas. C’est le résultat de millions d’années d’érosion par le vent et les eaux. L’excursion aurait pu mal finir car nous dûmes avec mes compagnons revenir en arrière avec l’aide d’un taxi, faute d’avoir mal compris le guide. Heureusement que j’avais noté le lieu de départ du car.
C’est près de Las Vegas, la ville des jeux, que j’appris la destruction des tours de Manhattan. Nous dûmes alors rester sur place et des excursions furent annulées comme le survol en hélicoptère du Colorado et l’arrêt au Golden Gate Bridge.
Je retiens de ce voyage l’excursion en 4x4 dans Monument Valley. C’est un décor fantastique où de nombreux western furent tournés au milieu de collines rouge- sang hérissées de monolithes de grès gigantesques de plus de 300 mètres de haut. C’est là que les Indiens Navarro nous accueillirent en nous offrant de la viande et des haricots.
Ils croient en la mère nature et qu’ils sont sortis de la terre par un petit trou : le sipapou. Le créateur Tewa a créé les étoiles, le ciel, l’eau et aurait dit à la mère araignée de descendre dans le trou et de créer les êtres. C’étaient des insectes. Ils fabriquent des poupées qu’ils appellent des katchina et des filets pour attraper les rêves.
J’ai été impressionnée par la splendeur des paysages : celui de Brice Canyon qui ressemble à une cathédrale avec ses pointes et ses flèches qui s’élèvent comme d’immenses orgues, des arches et de gros rochers tenant en équilibre, celui de Zion baptisé ainsi par les Mormons lorsqu’ils sont arrivés en 1823, à cause de la Jérusalem biblique.
Celui de la Death Valley ou la vallée de la mort qui se trouve à 86 m en-dessous du niveau de la mer. Il y fait 57° et on y meurt par déshydratation. Les premiers cow-boys à l’avoir traversé disaient :
« Pas un ruisseau pour y boire, pas un arbre pour s’y pendre. »
J’ai vu des séquoias géants dans le parc de Yosemite, « l’arbre de Josué » dans le grand désert de Mojave. C’est un grand cactus ainsi appelé parce qu’il leur a rappelé le successeur de Moïse, Josué, levant les bras devant la terre promise.
Le Salt Lake City, la capitale de l’Utah, abrite la petite communauté des premiers Mormons qui décide de fonder la « Nouvelle Jérusalem » au cœur de cette plaine déserte. Originaires de l’Europe, ils ont cherché leur « terre promise » à travers toute l’Amérique et après 1 an et demi de marche, le Chef de groupe s’arrêté et déclara que l’endroit serait là. Ils ont transformé ce qui était un désert en une terre fertile. C’est une réserve d’animaux aquatiques : des cygnes, des canards, des oies, des mouettes, des hérons, des pélicans, des cormorans…
A Los Angeles, des étoiles ou des mains de personnages célèbres sont gravés sur les trottoirs.
A San Francisco, le cable car emmène les voyageurs au sommet d’une rue puis tourne autour d’une plate-forme pour faire demi-tour.
VOYAGE 14 - LE SINAI
14e VOYAGE – LE SINAI
Enfin, lors du passage au nouveau millénaire, je décidai de suivre les pas des Hébreux au désert du Sinaï, 18 ans après mon premier voyage en Egypte.
J’ai marché sur le sable, à côté des chameaux, contourné des roches aux couleurs éclatantes. J’ai mangé les galettes de pain toutes chaudes que les bédouins faisaient cuire sur le feu.
J’ai couché à la belle étoile mais j’avais emporté une petite tente très légère la veille du départ pour être un peu à l’abri et elle a été fort appréciée.
Je suis montée sur le Mont Sinaï admirer le coucher du soleil, la montagne où Moïse reçut les tables de la loi et au sommet de laquelle un homme dormait ce soir-là.
Les Bédouins, eux, faisaient le Ramadan et le Muezzin appelait à la prière régulièrement dans la ville du Caire.
Le sable a-t-il conservé les récriminations de ce peuple qui est resté là 40 ans d’après la Bible, pleurant et gémissant et regrettant les bons oignons qu’il mangeait en Egypte ?
J’ai vu la mer Rouge et ai nagé au milieu de poissons multicolores dans une mer chaude et douce mais cependant dangereuse à cause des oursins. Les Arabes utilisent des citrons verts dans de l’eau pour éliminer les épines plantées dans les pieds. Moïse les a fait traverser autrefois pour les conduire dans un pays libre mais il est mort avant d’y entrer. Il s’est rebellé conte le Pharaon qui exploitait son peuple et dix plaies se sont abattues sur l’Egypte. La dernière sera décisive avec la mort des premiers-nés dont celui du Pharaon.
VOYAGE 13 - VENISE
13e VOYAGE – VENISE
L’année suivante m’emmène encore vers l’Italie mais cette fois à Venise.
Quel spectacle saisissant ! Ici les rues sont des canaux et les Vaporetto circulent lentement sous les ponts chargés de voyageurs tandis que les gondoliers manient leurs rames en chantant d’une voix suave de ténor pour les amoureux blottis à l’arrière.
Lors du Carnaval, les hommes et les femmes se déguisent et s’amusent sous des masques luxueux, variés et colorés. Ils peuvent tout se permettre et déambulent librement sur la place St Marco où l’évangéliste Marc vint annoncer la nouvelle doctrine et la résurrection du Christ.
Les Vénitiens sont maîtres dans l’art du verre, ce matériau translucide qui laisse passer la lumière. Les verriers ont dû être déplacés dans l’île de Murano afin de protéger Venise des incendies.