VOYAGE 9 - LE MEXIQUE
9e VOYAGE – LE MEXIQUE
C’est dans une chaleur moite et étouffante que je débarquai à Mexico, une immense métropole bruyante et animée, pleine d’odeurs et de saveurs.
Punchos colorés, légumes variés sur les marchés, galettes de maïs, tortillas, fruits exotiques exposés au soleil étaient proposés par des vendeurs ambulants.
Tintin semblait courir avec Milou vers le Temple du Soleil où le Serpent à plumes ouvrait tout grand sa gueule le long de la pyramide rappelant le dragon chinois.
De gros anneaux de part et d’autre des murs restaient les témoins du jeu de balle pratiqué par les Mayas. Le jeu consistait à lancer une balle de caoutchouc dans le camp adverse sans la toucher des mains ou des pieds, en s’aidant seulement du genou, des hanches ou des bras. Mais ce n’était pas un jeu mais une pratique rituelle. La balle symbolisait le soleil. Le parcours de l’astre et le sang versé au cours du jeu favoriseraient les récoltes.
Pour la même raison ils s’entaillaient les membres pour faire jaillir leur propre sang afin de nourrir la terre et la rendre fertile pour de bonnes récoltes. Ils sacrifiaient leurs prisonniers en leur retirant le cœur et en les jetant du haut des pyramides.
Tous les 52 ans, tout le peuple était soumis à rude épreuve, car on se demandait toujours si cette fin-là ne coïnciderait pas avec la fin du monde. On attendait de voir si le soleil se lèverait à nouveau, s’il remonterait après être descendu jusqu’au solstice d’hiver pour allumer le feu nouveau qu’on distribuerait à travers tout l’Empire. C’est encore une fête de nouvelle année. Les gens nettoyaient et balayaient soigneusement leur maison qu’ils avaient vidée. On enfermait les femmes enceintes et les enfants de peur de les voir transformés en démons ou en souris. Les prêtres revêtaient des masques et des ornements sacrés et montaient au sommet de la pyramide pour y sacrifier un prisonnier sur la poitrine duquel serait allumé le feu nouveau. Leur calendrier est très élaboré et ils ont utilisé le 0. La Roue du calendrier n’est pas sans rappeler des éléments chinois.
Les dignitaires appréciaient très fort leur boisson de chocolat et une liqueur à partir d’agave. Ils fabriquaient aussi du sisal et des cordes. Je me souviens des indiens du Chiapas qui abandonnaient leur travail et n’étaient pas rémunérés pour se consacrer à leurs fonctions publiques lorsqu’ils étaient élus.
VOYAGE 8 - LE CANADA
8e VOYAGE – LE CANADA
Je partis ensuite pour le Canada. C'est là qu'est né le célèbre physicien, Hubert Reeves qui a parlé de l'émerveillement en voyant les étoiles et la nature.
Enveloppée d’un grand imperméable bleu, j’embarquai vers les chutes du Niagara. Le bateau avançait entre deux murailles d’eau sous le bruit tonitruant de la cascade et j’ai pensé à Moïse fendant les eaux de la mer Rouge en Egypte.
Ce fut un voyage éprouvant mais qui ne m’arrêta pas car me revoilà partie encore l’année suivante.
VOYAGE 7 - ITALIE
7e VOYAGE – L’ITALIE
L’année suivante, je repris la route pour me rendre en Italie.
J’ai traversé Rome en une journée, aperçu le Colisée autrefois couvert de plaques de marbre et dont il ne reste que les trous, où se produisaient les combats de gladiateurs avec musiciens, jongleurs et acrobates. Les pierres retiennent encore la voix des martyrs et des cris de la foule.
J’ai longé le stade où couraient jadis les athlètes bien entraînés.
Je n’ai fait que passer devant la cité du Vatican où réside le pape. C’est là que St-Pierre a été enseveli pour avoir annoncé la doctrine du Christ avec Paul.
VOYAGE 6 - CHINE
6e VOYAGE – LA CHINE
J’ai toujours rêvé d’aller en Chine et, après mon opération contre le cancer, je décidai de partir dans ce pays grand comme 6 fois la France mais très mal connu et qui a pourtant influencé tous les autres par ses contes et ses mythes qui se sont transmis oralement.
Il m’a fallu 16 heures d’avion et faillis ne pas partir à cause du surbooking. J’ai traversais la Mongolie en Avion et rêvais d’y aller un jour, ce que je réaliserais 20 ans plus tard.
J’ai visité beaucoup de temples bouddhistes et de belles pagodes en bois aux multiples étages.
Mon guide me raconta la légende de Pangu qui créa le monde après être sorti d’un œuf et que je vous relate telle qu’elle m’a été transmise :
Dans le monde il n’y avait personne. Une divinité vivait dans un œuf. Le dieu était étouffé. Un jour, il coupa l’œuf avec une hache. Une moitié est montée pour se transformer en ciel, l’autre partie est descendue pour former la terre. Pour le tendre, il faut rejoindre les deux parties. Il soutint avec la hache les deux parties. Comme c’était instable, il soutint la partie supérieure avec les mains. Mais ses mains sont fatiguées. Un jour, très fatigué et malade, il tombe sur la terre. Tout de suite ses quatre membres se transformèrent en quatre montagnes. La tête aussi devint une grande montagne. C’est pourquoi en Chine il existe 5 montagnes sacrées. Ses cheveux se transformèrent en forêt, les yeux en soleil et lune. Le nez respire et fait du vent. Son sang se transforma en fleuve : Yan Tsé. Les larmes deviennent la pluie. Il est malade. Quand il est fâché, il tonne. Quand il est heureux, il fait beau. J’ai retrouvé cette légende :
« Son souffle se transforma en brise printanière donnant vie aux êtres vivants, en nuages et en brumes suspendus dans le ciel et sa voix se changea en tonnerre secouant le ciel et la terre. Son œil gauche devint un soleil flamboyant, son œil droit, une lune claire. Ses cheveux et sa barbe se changèrent en une multitude d’étoiles. Ses quatre membres devinrent cinq hautes montagnes. Son sang se transforma en fleuves et rivières impétueux et ses veines, en routes donnant dans toutes les directions. Ses muscles devinrent des champs fertiles, ses dents, ses os et sa moelle se cristallisèrent en perles et en jade et en minéraux précieux. Les poils de sa peau se métamorphosèrent en prairies et en forêts tapissant toute la terre, et sa sueur tomba en rosée et en pluie assurant la végétation. L’humanité, elle, serait née de l’âme du géant. »
J’ai retrouvé cette légende lorsque je suis allée en Scandinavie. Quand tout était chaos naquit le géant Ymir.
J’ai assisté à un opéra de plein air, le Roi Singe où l’on voit le malicieux Roi Singe Wukong fécondé par le vent sur le Mont des Fleurs et des Fruits où se trouvait un immense rocher magique. Il voulait trouver le secret de la vie éternelle. Il commit quantité de méfaits et fut finalement enfermé pendant 5000 ans dans la Montagne aux 5 doigts d’où il sera délivré par un moine Tripitaka et l’accompagnera en Inde pour ramener les écritures sacrées du bouddhisme.
J’ai vu les mines de charbon et les petites filles vêtues de rose se promener sur les morceaux de charbon, resplendissantes comme des lotus.
J’ai visité le site néolithique de Banpo correspondant à la période de Yangshao où l’on a retrouvé des poteries jaunes caractéristiques.
J’ai été impressionnée par l’immense armée de terre cuite à Xian que l’empereur Qin Shi Huangdi a fait venir dans son tombeau.
J’ai marché dans le jardin de stèles dédié au grand penseur Confucius, dans le palais céleste à Pékin plein de cours et de bâtiments, le palais d’été près duquel se dresse le bateau de marbre, les jardins fleuris composés d’arbres, d’eau, de roche et de bâtiments. Ces 5 éléments sont nécessaires à l’élaboration d’un jardin chinois.
J’ai admiré le Temple du Ciel où l’on prie pour obtenir la prospérité, la grande muraille commencée par le premier empereur Shi Huangdi pour se protéger contre les barbares Mongols.
J’ai mangé du riz avec des baguettes et dégusté le fameux canard laqué sur des galettes de riz en buvant du thé.
J’ai vu des ouvrières plonger leurs mains dans l’eau chaude pour retirer les cocons tissés par les vers à soie pour en faire des vêtements et les paysans, pieds nus dans les rizières et portant leurs charges sur des bâtons de bambou posés sur leurs épaules.
J’ai apprécié les mouvements gracieux des Chinoises et des Chinois qui faisaient de la gymnastique ou du Tai-Chi dans les rues et j’ai même fait quelques pas avec eux.
La Chine est le pays du dragon. On le voit sur les murs de briques vernissées. On y sacrifiait dans les temps anciens des jeunes filles dans les eaux tumultueuses du Yang-Tse-Kiang ou du fleuve jaune. La fête du printemps est très colorée. L’hiver est chassé à coups de pétards et de battements de tambour.
On dit que l’écriture a été découverte grâce à un ancien ministre Cangjie qui a vu des empreintes d’oiseau sur la neige. Cette écriture subsiste encore aujourd’hui et les Chinois sont maîtres dans l’art de la calligraphie. Ils utilisent encore le boulier pour vérifier les comptes dans les magasins. D’ailleurs, j’ai entendu qu’on l’utilisait aussi en France pour l’apprentissage.
J’ai prédit de la pluie à mes compatriotes le 17e jour et un gros orage éclata dans le ciel alors que nous volions vers Canton comme pour me donner raison.
J’ai failli être arrêtée à l’aéroport au retour car j’avais une bible dans la valise et l’employé m’a demandé pourquoi.
Mon périple dura trois semaines, beaucoup moins que celui de Marco Polo qui dura 20 ans et pensais que ce voyage serait probablement le dernier et que je resterais bien tranquille dans ma maison. Mais il n’en fut rien.
VOYAGE 5 - TURQUIE
5e VOYAGE – LA TURQUIE
Je quittai la Grèce pour me rendre en Turquie. Là j’ai marché sur des vasques d’eau chaude à Pamukkale. Dans un féérique décor d’une blancheur éblouissante, l’eau ruisselle de vasque en vasque.
J’ai traversé des paysages qui ressemblaient à des villages de fées et j’imagine facilement Nasz Eddin monté à l’envers sur son âne parcourir la grande rue.
VOYAGE 4 - GRECE
4e VOYAGE – LA GRECE
Mon quatrième voyage m’entraînera en Grèce, le pays cher à notre civilisation où naquit la démocratie. C’est là aussi que se déroulaient les jeux olympiques.
A Olympie, j’ai vu un gigantesque incendie illuminer le paysage.
J’ai entendu les oliviers murmurer encore les exploits d’Achille ou d’Ulysse et dans les temples résonnait encore la voix de Paul qui haranguait la déesse Artémis.
J’ai entendu aussi Alexandre, monté sur son cheval Bucéphale, qui part à la conquête des Perses et celle de Philippidès annoncer la victoire en s’écroulant après avoir parcouru 42 195 km de Marathon à Athènes. C’est de là que vient le nom de marathon, ou celle de Socrate, un grand philosophe qui donnait ses cours en se promenant, celle de Pythagore formuler son théorème et celle d’Archimède.
VOYAGE 3 - EGYPTE
3e VOYAGE – L’EGYPTE
Mon troisième voyage se situe en Egypte. C’est dans ce pays que des pharaons ont construit des pyramides il y a 3000 ans avant Jésus Christ.
Les Egyptiens ont inventé l’écriture un peu après les Mésopotamiens. Ils dessinaient des hiéroglyphes sur les murs des temples et des palais ou à l’intérieur des pyramides mais seuls les scribes le pouvaient. C’étaient des images sacrées. Ils croyaient que l’âme, le kâ, s’échappait à la mort et ils embaumaient les morts avant de déposer leur corps dans un sarcophage.
Osiris a été tué par son frère Seth et Isis est partie en quête de son corps qu’elle a retrouvé. Elle a donné naissance à Horus, le dieu faucon. Le Temple d’Isis se dresse sur les rives du Nil.
C’est en Egypte que le fils de Jacob, Joseph, est devenu vizir du Pharaon après avoir été vendu par ses frères. Il les a sauvés de la famine. Plus tard, ses descendants ont été exploités, dit la Bible. Ils sont devenus esclaves et un homme nommé Moïse les a libérés en leur faisant traverser la mer Rouge. Ils ont erré pendant 40 ans dans le désert du Sinaï avant d’arriver en Canaan, Israël. Ils ont mangé la manne qu’ils trouvaient le matin.
J’aurais bien aimé aller dans ce désert qui n’était pas prévu dans mon voyage et me suis promis d’y revenir. Il m’a fallu attendre des années, lors de mon 14e voyage, pour y marcher à chameau.
VOYAGE 2 - ANGLETERRE
2e VOYAGE – ANGLETERRE
Je partis en 1986 avec mon fils en Angleterre au cours de mes études de théologie pour voir les bas-reliefs du British Muséum que j’étudiais en cours, le dieu Baal mésopotamien et les dieux du soleil et de la lune : Shamash et Sin, la pierre de Rosette traduite par Champollion.
J’ai traversé la Manche sur un ferry et j’avais choisi un Bed and Breadfast pour séjourner.
Nous avons vu le palais de la Reine, la relève de la garde et de jolis petits écureuils dans le parc, le palais de Windsor, la cathédrale Westminster, le jardin où se trouve la sculpture des bourgeois de Calais, Big Ben…
J’y reviendrai bien plus tard pour découvrir le site de Stonehenge.
VOYAGES 1
1er VOYAGE – ISRAEL
Mon premier voyage commença en Israël après mon divorce. C’est le pays où coulent le lait et le miel d’après la Bible.
J’ai visité Nazareth où Marie reçut la visite de l’ange et la grotte de Bethléem où naquit le Christ il y a 2000 ans. C’était sous la neige et les Arabes étaient tout surpris car le pays est sec et ils devaient pousser leur voiture.
J’ai aperçu les grottes de Qumram où un berger de 15 ans appartenant à la tribu des Bédouins Ta’amiré, Mohamed ad Dhib (le chacal) trouva en février ou mars 1947 des manuscrits qui remontent au 1er siècle avant Jésus Christ dans des jarres. On les appelle les manuscrits de la mer morte qui est à 430 mètres au-dessous du niveau de la mer. Elle représente le point le plus bas de toute l’écorce terrestre. L’eau y est saturée de sel et l’on y vient pour soigner des maladies de peau. Je n’ai pas pu y monter car les routes risquaient d’être inondées par des orages qui ont éclaté la veille.
Par contre j’ai pu aller sur le territoire d’Hébron qu’Abraham acheta pour enterrer sa femme Sarah puis son fils Isaac et Rebecca, Jacob et Léa. Ce site est gardé par les Arabes et ne pouvait se visiter à en raison de l’insécurité qui y règne.
J’ai vu l’endroit où a été enterré le Christ après avoir été crucifié par les Romains. J’ai vu les lieux où il a prêché comme le lac de Tibériade, où il a recruté ses disciples, de simples pêcheurs, où il a fait des miracles. A Cana il a changé l’eau en vin, il a guéri des malades, renversé les tables des voleurs à Jérusalem.
C’était un personnage qui a pris les écritures au sérieux et qui l’a payé de sa vie en dénonçant les abus des prêtres et l’hypocrisie. Il proposait de tendre l’autre joue quand on le frappait, de partager ses vêtements, d’aimer ses ennemis.
Ses disciples disent qu’ils l’on revu après sa mort monter au ciel afin d’envoyer son esprit, sa force sur eux pour qu’ils accomplissent eux-aussi de grandes choses et leur a promis de revenir.
VOYAGE ENCORE ET ENCORE
Je suis stupéfaite par le nombre de voyages que j’ai pu réaliser depuis mon divorce malgré les découragements et les épreuves, je n’ai pas cessé de partir à la rencontre des peuples et des civilisations lointaines et proches. En 32 ans j'ai fait 24 voyages que je viens de résumer et je viens de renouveler mon passeport.
Je m’étais juré de ne plus partir et pourtant je m’apprête encore à le faire. Qu’est-ce donc qui nous pousse sans cesse à partir et à repartir ?
Certes, il n’y a plus les dangers que raconte Sindbad, les naufrages, mais il y a toujours la fatigue, les difficultés, les aléas, les grèves, les réveils matinaux, l’appréhension, l’inconnu et des rencontres avec des touristes ou des guides parfois pénibles. C’est toujours une épreuve et il faut bien le reste de l’année pour récupérer, exploiter les photos et les documents et retrouver l’énergie de repartir.